Accueil Date de création : 22/04/08 Dernière mise à jour : 19/03/10 18:26 / 749 articles publiés

Pèire Maury, la mémoire du berger

Montaillou 27 déc 09  (Pèire Maury, la mémoire du berger) posté le lundi 28 décembre 2009 10:47

"Puis nous arrivâmes à Montaillou, ce fut vers la Noël, deux ou trois jours avant. Il y a eu 19 ans à la Noël dernière. Nous allaâmes chez mon père, Raymond Maury et y fîmes la fête, moi, mon père Raimond Maury; ma mère Azalaïs, et mes frères Guillaume, Bernard, Jean et Arnaud Maury. Je savais que tous étaient croyants, sans en être sûr pour Arnaud, qui était alors petit.

Les fêtes passées, j'étais allé chez Arnaud Faure de Montaillou, qui était déjà croyant, (Guillaume Belot et mon frère Guillaume Maury me l'avaient dit). Après que j'eusse donné de la laine à Guillaume Belot pour qu'il la donne aux hérétiques, comme il est dit ci-dessus, un jour, Arnaud Faure et moi sortions les moutons aux pâturages de Montaillou. Je lui demandais s'il y vait des bons chrétiens à Montaillou. Il me répondit de ne pas m'occuper de cela, car j'étais trop jeune, et on ne doit pas dire cela aux jeunes gens, et on ne doit pas leur montrer de bons chrétiens de peur qu'ils ne les dénoncent. Mais si je vcoulais leur faire du bien, que je le fasse, sans me soucier de les voir...."

Les registres d'Inquisition de Jacques Fournier Trad Jean Duvernoy.

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Le Monde c'est l'enfer  (Pèire Maury, la mémoire du berger) posté le lundi 29 juin 2009 22:34

(Photo: Maison de Mémoires de Mazamet, musée du catharisme)

"Ainsi disait-il, ce monde-ci sera l'enfer. Et alors les fils de Dieu et tous les bons (les hérétiques) seront dans le royaume du Père, où ils auront en partage le bien sans aucun mal. Ils ne désireront rien d'autre que ce qu'ils auront, et ils oublieront tout ce qu'ils ont vu et eu en ce monde...."

Guilhem Bélibaste

Déposition de Pèire Maury devant l'Inquisition.

Lors la redécouverte du catharisme , on s'est souvent perdu dans la présentation de cette hérésie chrétienne en voulant la définir comme un dualisme que l'on opposerait au raisonnable monisme catholique.

Non, il faut arrêter de considérer le catharisme comme une vague pensée ou pire une attitude vie, une sorte de discipline cherchant la perfection. C'est faux.

Et cette pensée fait encore du mal à la compréhension du catharisme, comme fait du mal à la compréhension de cette histoire l'approche philosophique du genre:

"Les cathares cherchent la pureté...

ou ésotérique dans le sens sectaire:

"ils sont des initiés maintenant des secrets, dont le gourou occasionnel peut encore être le savant détenteur. Ou pire et je m'excuse pour les universitaires honnêtes:

"Les cathares n'ont jamais existé" ;  d'autres universitaires l'auraient dit, Certains vont jusqu'à nier le bûcher à Montségur ou minimiser le nombre des victimes.  Et s'il n'y a plus de cathare c'était bien sûr  de leur faute:

"ils ne se reproduisaient pas.." . (Tendance négationniste) 

"ils n'étaient pas nombreux... " donc déduisons-en qu' ils n'ont pas beaucoup souffert et et qu'ils furent peu persécutés. AMEN

Bienvenu en Pays dit  cathare.

Tu vas rire Guilhem Bélibaste, les uns te prêtent une prophétie alors que tu as dit tant de choses pertienentes:

"Au bout de sept cent ans le laurier reverdira sur les cendres des martyrs "

( invention littéraire du XXème siècle) tendance sectaire,.

Ou pire , on va t'empailler sut l'hôtel du tourisme,  pour dire de toi que tu t'étais trompé que tu n'étais pas un bon cathare en définitive , presque dégénéré  en quelque sorte..

Tu as si peu été vivant que tu en es mort par faiblesse , probablement 

"doctrinale interne".

Allez je vais te venger et te rendre un peu de ta parole d'homme, Guilhem Bélibaste, que les flammes qui t'ont tué éclairent encore l'obscurité des chercheurs  charlatans et autres commerçants d'un catharisme propre et sans bavure... un catharisme fréquentable et dont on se moque un peu pour avoir l'air érudit, ou savant ou dominicain. Tout en vendant un Pays dit "cathare" avec une histoire propre, et nette , brillantte et sans microbes.... Un truc tendance Mac Do bien calibré, une pilulle cathare à avaler sans se poser de questions un soda dans lequel ne compteraient que les bulles...

A bientôt Guilhem,

Ceux qui t'ont fait taire, toi et tes amis , ne savaient pas qu'un jour ils te rendraient la parole devant l'Histoire comme une ultime justice.

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Dernières neiges  (Pèire Maury, la mémoire du berger) posté le samedi 25 avril 2009 00:19

Au col du Chioula. Bientôt l'horizon transparent laissera la montagne dessiner le ciel. la dent d'Orlu brillera et l'air aura le goût du vent fleuri.

Je respire un peu de cette neige douce et redescend vers la vallée...

En passant par Montaillou je pense au brave berger Pèire Maury:

"Avez vous entendu d'une ou plusieurs personnes, ou cru également, que les pouvoirs séculiers péchaient en tuant les malfaiteurs ou encore, dans une guerre juste, les ennemis de la chose publique ou les paîens, les hérétiques ou autres infidèles ou en arrêtant et emprisonnant ces gens là?

- J'ai entendu dire à l'hérétique que c'était un péché de tuer n'importe quel homme, sans en excepter les infidèles, les ennemis ou autres malfaiteurs."

Déposition de Pèire Maury de Montaillou devant Jacques Fournier Traduction Jean Duvernoy.

 

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Confession de Pèire Maury dans la tour de l'évêque inquisiteur  (Pèire Maury, la mémoire du berger) posté le mardi 07 avril 2009 22:23

Devant l'Inquisiteur Jacques Fournier, dans la chambre épiscopale supérieure...

Quand nous sommes entrés dans la tour de l'évêque les petites carmélites nous ont montré une salle basse.  Danbs cette salle basse il était évident qu'un passage souterrain avait été bouché. passage conduisant à une cave qui a servi de cachot transitoire à Pèire Maury et à d'autres... "Ne le dites pas à Monseigneur l'évêque, il parait qu'il y avait des prisonniers ici, on prie encore pour eux...." Brave Pèire Maury et brave carmélites...

"Lequel Pierreamené au siège de Pamiers et comparaissant judiciairement dans la chambre épiscopale supérieure de l'évêché de Pamiers, par devant monseigneur l'évêque et Frère Gailhard du Pomès, jura sur les quatre  saints Evangiles de Dieu de dire la vérité pure et entière sur ledit crime d'hérésie et tous autres touchant l'office et la matière de l'Inquistion, tant sur lui comme prévenu que sur d'autres vivants ou morts comme témoin. ce serment par lui prêté, il dit, déposa et avoua ainsi ce qui suit:

 

"Il peut y avoir 23 ans, vers la  pentecôte, il me semble, j'étais au lieudit la Via Cerdana sur le territoire de Montaillou, gardant les moutons d'Arnaud faure de Montaillou et de Raimond Maulen d'Arques. Guilhem  Maury, mon frère décédé et feu Guilhem  Belot de Montaillou qui allaient au bois d'Auze pour faire du bardeau, vinrent à moi, et me dirent que de bonnes gens et de bons chrétiens étaient arrivés au pays, et étaient là.

Déposition de Pèire Maury dans le registre d'Inquisition de Jacques Fournier  Traduction Jean Duvernoy Claude Tchou éditeur bibliothèque des introuvables (Millau 2004)

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la Dent d'Orlu  (Pèire Maury, la mémoire du berger) posté le dimanche 15 février 2009 22:22

Lettre à Pèire Maury


Cher Pèire, je suis allé chez toi, partager aujourd'hui tes horizons de neige.

Je me suis arrêté à Miglos en pensant à

« Arnaut de Miglos. (1246.) extrait de mon livre:

Arnaud de Miglos est seigneur et chevalier, il est le bayle de Quié pour le comte de Foix lorsqu’il il comparait, le 15 décembre 1246, devant l’inquisiteur Bernard de Caux. Après avoir prêté serment et s’être engagé à dire « la vérité sur lui-même et sur d’autres vivants et morts sur le crime de l’hérésie », il se souvient et se confesse :  Il a rencontré des hérétiques avant 1229, et se défend de les avoir adoré (l’adoration étant le signe que l’on était un bon croyant)  Puis ses souvenirs se précisent : Sous un poirier, il a vu Raimond Agulher et ses compagnons.  Il donne alors quelques noms, le chevalier de Fanjeaux, Bernard de Pomas était présent avec En Issaura, le mari de Bone de Larcat. Il a entendu la prédication des « hérétiques »,  mais n’a pas adoré, ni vu quelqu’un d’autre le faire. Toujours se gardant d’avoir adoré, il reconnaît avoir assisté à l’hérétication d’Athon Arnaud de Châteauverdun. Ce dernier était malade à Montgradail,  dans la maison de Na Cavaers de Fanjeaux. Deux Bons Hommes dont Arnaud de Miglos ne donne pas les noms, sont venus donner au malade le consolament. Les chevaliers  Isarn de Fanjeaux et Hugues de Durfort de Fanjeaux sont présents et ces deux chevaliers « adorent » les hérétiques.
Puis Arnaud de Miglos ment. Deux Bons Hommes sont venus frapper à sa porte :

« Je leur fis ouvrir la porte de la maison, ils vinrent devant le lit où j’étais couché »

Quand il apprend qu’il s’agit d’hérétiques, il prétend les avoir fait sortir. Pourtant, dans une seconde déposition,  il reconnaît avoir menti et avoir, avec son bayle Pons d’Ambalau, entendu la prédication et adoré les hérétiques. Il avoue les avoir hébergés. Finalement, il reconnaît avoir été croyant, lui qui avait envoyé à Montségur, douze cordes et deux frondes pour la pierrière ainsi qu’une arbalète...

« Il dit qu’il a cru que ces hérétiques étaient de bonnes gens, disant le vrai, et amis de Dieu, ayant une bonne foi.  Bien qu’il sût que l’Eglise les poursuivait, il y a seize ans, il a cru pour la première fois, mais il n’a pas cru après avoir fait sa confession sur l’hérésie à Frère Ferrer à Narbonne. Et il a reconnu qu’il a mal agi ainsi, en niant ce qui précède sur l’adoration et la croyance par-devant Guillaume Arnaud et ses compagnons, inquisiteurs, à Tarascon, et une seconde fois par-devant Frère Bernard de Caux, inquisiteur, à Pamiers, comparaissant judiciairement, ayant prêté serment et requis de parler.Item, il dit qu’il a entendu les hérétiques dire des erreurs sur les choses visibles, que Dieu ne les a pas faites; qu’il n’y a pas de salut dans le baptême et le mariage; que l’hostie consacrée n’est pas le corps du Christ et que les corps des morts ne ressuscitent pas. Et il croyait ce qu’ils disaient...»

Arnaud de Miglos est condamné à la prison perpétuelle.  Mais le pape Innocent IV l’amnistiera un an plus tard.


Puis je suis allé à Ravat et j’ai pensé très fort du haut de la motte castrale d'un village avec deux églises peut-être par peur de l’hérésie? J'ai pensé à Arpaïx de Ravat :

« Item, mardi dernier, ma sœur Félipa et moi, sommes allées voir notre mère, l’hérétique Corba. Et là ma sœur et moi l’avons adorée ainsi que ses compagnes. Après quoi, nous leur fîmes nos adieux, et nous sommes rentrées chez nous.  C’était mardi dernier. Et le lendemain, les hérétiques furent brutalement sortis de Montségur et brûlés.»
(Déposition d’Arpaïx de Ravat. devant l'inquisiteur frère Ferrer)

Je suis passé à côté de Lordat et puis j’ai vu la dent d’Orlu. J’ai pensé à toi Pèire Maury le berger des libertés et à tes horizons de neige.  Quand je suis rentré chez moi. un peu triste... en, passant non loin de la prison où tu as fini ta vie emprisonné à perpétuité dans l’ombre de ton cachot  J'ai pensé que la blancheur de tes horizons de  neiges avait pu éclairer ton âme.

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