Je veux pas que tu meures mon petit cheval, Jamais!
Tu te souviens ? Tu avais à peine quatre ans, je travaillais alors au centre National d'études cathares, et du monde entier on venait nous voir , pour connaitre notre histoire.
Notre Histoire c'est la tienne Almouni, c'est celle d'un pays que l'on a traversé toi et moi dans tous les sens, un pays où la langue est une chanson occitane.
Tu te souviens, il ne me fallait que trois minutes pour arriver au bureau, au château de Villegly qui avait été acheté par le département de l'Aude pour loger un centre de recherche sur le catharisme créé par René Nelli et confié à la seule personne compétente dans ce domaine , avec ..à l'époque, Jean Duvernoy. Depuis le vieux moulin où nous habitions. Il y avait aussi une jument qui fut ta compagne : "Nomaïs" et tu ne m'as jamais dit qui l'avait tuée...
Je me souviens de l'ombre, quand je te donnais du foin, et je te parlais, je t'ai dis, et j'avais un peu honte: " on va te ... on va te ... castrer mais... mais tu seras heureux..."
Je t'ai donné du pain d'épice... Promis, demain j'en rachète pour toi.
Du pain d'épices... au pluriel.
J'ai eu peur de toi et de ta fougue sauvage et de ta foce presque invincible. Et je t'ai aimé, plus que tout, car tu es moi , un peu partout, sur les chemins de poussière et de liberté , dans mes rêves de sommeil et mes rêves éveillés, là , tu le sais, où Guilhem, Bélibaste, le dernier Bonhomme cathare connu comme un martyre a été brûlé vif....
On a traversé les Pyrénées aussi, de l'Ariège à Cotliure.. , "La côte libre..." pardon pour les français: Collioure!
A Villerouge quelqu'un a tué ta compagne, "Plus jamais" et Anne a pleuré et elle pleure encore... Non pas à cause des traitres et des arrivistes et des lâches qui l'avaient faite partir dans la médiocrité ambiante et catharisante tendance portefeuille.. Non...
J'en dirai plus plus tard... plus tard... plus tard....
On est allé à Chalabre et c'est le berceau de ma race à moi!
Puis ici... en Ariège, la terre des courages et du tien et de ta race, et on a emprunté les gorges de la Frau jusqu'à Montaillou, chaque été, dans la liberté du vent et des été qui, sous les étoiles passent toujours trop vite. Liberté, ton corps qui donnait toute sa joie galopante sur l'herbe blonde de septembre où tu volais comme un ombre noire au milieu des parfums d'automne, déjà...
Tu peux pas savoir , quand il pleut et qu'il neige et qu'il grèle et qu'il gèle et ...
Je t'ai oublié, souvent toi le cheval et moi l'humain... Toi au froid et moi au chaud...
Moi dans ma vie et toi la tienne!
Pardon Almouni, aujourd'hui je suis pauvre et puis le foin est cher et le grain hors de prix...
Et je t'ai pris joyeux , en photo quand il y avait la neige, blanche,et belle, et...
Et tu as maigri, maigri, maigri, on dirait ta compagne de plus tard, patouchka juste quand elle est morte au moment où dans la nuit elle t'as dit... un dernier cri...Quand elle n'était que la peau et les os, comme toi aujourd'hui!
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Ne meurs pas Almouni, jamais! jamais ! jamais!
Tiens, je te donne du grain et de l'orge et puis du pain, ne meurs pas maintenant , mais un jour, dans longtemps , quand on sera tous vieux, qu'on aura tout vécu!
Je veux que tu ailles mieux !
Mon petit cheval, toi, toi de tous mes bonheurs , je t'aime et on va vivre!












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