Vite il faut partir......Nous montons dans la vieille 106 achetée à un "pépé qui l'avait entretenue pour sa fille et qui avait pris soin d'enlever le thermostat pour masquer la fuite du joint de culasse.... On n'a pas gagné le procés malgré l'intervention efficace de la répression des fraudes pour publicité mensongère... Vite on part j'ai peur et mon coeur bat..On passe devant le château de Villegly où ta mère dirigeait le Centre National d'Etudes cathares, le château avait été acheté pour abriter cette association a but non lucratif et qui était un , le seul, centre de recherche sur les hérésies médiévales. C'était avant que ta mère n'en démissionne .. Moi aussi j'ai aimé ce travail et mon "départ " reste une douloureuse étape de ma vie qui m'a permis de rebondir ailleurs où je travaille entouré de personnes très gentilles , fidèles en amitiés et extrèmement compétentes...les vrais amis de ta mère l'ont suivie bien évidemment et en fait on continue à faire le m^me boulot certes sans subventions mais on n'en a pas besoin l'Histoire des cathares n'est pas un petit commerce...
Nous voici arrivés à l'hôpital, on s'occupe bien de ta maman et moi je reste là dans le couloir.. Puis on m'appelle : "vous pouvez venir.".. et te voilà arriver toi aussi: "allez y madame poussez!"
Je coupe le cordon ombilical, tu grimaces, on te nettoie, ta maman est heureuse jusqu'aux larmes et moi mon coeur bat... te voilà dans une sorte de bocal cubique en plastique tu me regardes et ton regard noir semble avoir des siècles tu sembles venir avec un bagage dans ce regard qui nous dit que l'humanité vient de très loin et qu'elle a quelque part ce regard en commun, celui de l'innocence mais aussi de la force.. Tu me dis te souvenir et d'avoir vu dans cette "couveuse"" du jaune... Bientôt , plus tard dans ta chambre viendront les parents et amis, j'ai eu la chance de photographier mon papa qui n'est plus de ce monde.. voilà la photo restera... le temps passe... te voilà grande comme moi lorsque je chevauchais des motos pour traverser l'"occitanie cathare mon appareil photo en bandoulière... des fois je crois que je n'ai pas changé, en tous cas en bien je suppose...
On a des amis, je revois le peintre Robert Petit Lorraine, l'ami vrai et fidèle, lui, te faire cette "sanguine" toi tu dors dans ton berceau... On vivait au bout du parc près du château notre travail était formidable et même si on a du changer de métier on a emporté avec nous cette fougue nomade qui nous a rendu si libre et entourés de vrais amis... Finalement c'est çà qui compte , le trait d'union entre le présent et le futur: la fougue et l'amitié vraie.. Méfies toi dans ta vie des traitres et des lâches et si un jour tu fais confiance à de jeunes collaborateurs ne t'entoure jamais de Judas incompétents et arrivistes au style "empoulé" vis avec des gens de coeur et puis de vrais amis.... comme Robert Petit Lorraine qui est un peu immortel par son regard qui n'est plus mais qui venait de si loin...

Bises
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