Et l'ombre de l'eau c'est un peu la frontière, de la nuit et du jour de l'inconnu et du présent du monde fini et puis de l'autre, l'invisible, celui où tout est possible parcequ'il est sans fin.
je lui ai souvent parlé à la rivière et même aux rochers, m'excusant, enfant d'être trop petit pour avoir l'autorisation de cheminer le long de l'eau et de son monde secret.
J'ai volé le poisson diamant à l'abime, à la nuit et aux ronces , et je l'ai ramené fièrement comme une victoire pour montrer ma force à ma famille, à ma tribu.
Puis loin , trop loin j'ai perdu le goût, et la vue. Et la pierre chaude n'a plus brûlé mes pieds d'enfants, les ronces n'ont plus fermé sur mes jambes fragiles leurs griffes acérées et méchantes. Un jour j'ai vu comme un ruisseau et j'ai senti l'odeur des plantes oubliées.
On remonte le temps, on remonte à la source et on refait à l'envers les abîmes du coeur.
Alors, le long de l'eau on se surprend à entendre la voix qui au fond nous nous dit qui on est, vivant...








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